L’industrie aéronautique, spatiale et de défense en Île-de-France

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L’Île-de-France occupe une place prééminente, mais mal connue, dans l’industrie nationale aéronautique spatiale et de défense (ASD) avec les près de 100 000 emplois répartis au sein de plus de 2 000 établissements. Particulièrement spécialisée dans la conception et construction de moteurs, d’équipements d’aide à la navigation et dans les activités de maintenance périodique, elle rassemble aussi l’ensemble des acteurs de la filière nationale. Sont ainsi présents les intégrateurs Airbus, Dassault aviation, Ariane Group et Safran engines, les équipementiers comme Goodrich, Thales, ou encore les activités d’équipement aéronautique de Safran. Cette présence se matérialise tant par leurs activités de siège, de R&D tout comme de grands sites de production.
La filière compte aussi un important tissu de sous-traitants industriels avec 1 400 établissements issus essentiellement de PME de la mécanique, du traitement des métaux, de l’électronique… Elle bénéficie de la présence d’un important tissu de bureaux d’études qui assistent les acteurs industriels tout au long de la chaîne de valeur, ainsi que des acteurs de la recherche publique, notamment les grands organismes spécialisés dans l’ASD au premier rang desquels l’ONERA et le CNES. Enfin, l’Île-de-France est le siège de grandes administrations et organismes nationaux et européens ayant un important pouvoir d’orientation des programmes de recherche, de financement et de mise en place de réglementations qui favorisent notamment la présence des sièges des grands groupes.
Cette excellence régionale a été reconnue en 2007 avec la création du pôle de compétitivité ASTech Paris Région qui est en charge de l’animation de la filière régionale.
L’ASD bénéficie de la forte dynamique mondiale et nationale du secteur, comme en témoigne une croissance des effectifs qui tranche avec la dynamique négative de l’industrie franciliens depuis 2008. La filière ASD francilienne bénéficie d’un soutien de longue date de la région Île-de-France qui en a fait une de ses filières prioritaires, mais aussi des collectivités locales, ce qui a notamment permis la consolidation de sites existants et la relocalisation au sein de la région d’unités de production.
Cependant ces bonnes performances ne doivent pas masquer plusieurs enjeux auxquels la filière régionale est confrontée.
L’étude soulève ainsi un déficit d’image et un manque de suivi des grands comptes par ailleurs très sollicités par les autres pôles aéronautiques français pour y délocaliser certaines de leurs activités. Ces éléments ont pu contribuer à brider la croissance de la filière francilienne par rapport aux autres grandes régions aéronautiques françaises très dynamiques.
Elle souffre également d’un déficit de coordination entre la politique régionale et les stratégies locales d’ancrage et de développement de la filière.
Par ailleurs, ces industriels subissent tout particulièrement les effets de l’urbanisation, ce qui renvoie à la question plus générale de la place de l’industrie dans la région. Enfin, et cette question est en partie liée au point précédent, malgré sa forte attractivité, la filière connaît aussi des problèmes de recrutement dont il sera nécessaire d’objectiver les raisons pour mieux y répondre.

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