OBS HABITAT Rapport d’étude urbanisation spontanée – 2001, 2006, 2011, 2015, 2019 : Cayenne, Matoury, Macouria, Roura, Montsinéry-Tonnégrande, Papaïchton

L’AUDeG a réalisé une nouvelle étude de l’urbanisation spontanée dans six communes guyanaises, à savoir Cayenne, Macouria, Matoury, Montsinéry-Tonnégrande, Roura, et pour la première fois une commune du fleuve, Papaïchton. L’objectif est de repérer le bâti spontané, c’est à dire le bâti édifié sans autorisation d’urbanisme, présent en 2019 et d’analyser les dynamiques depuis 2001 et particulièrement entre 2015 et 2019. L’analyse est complétée par des visites de terrain sur certains secteurs. Cette démarche ne vise pas à établir un recensement exhaustif, mais plutôt à qualifier et quantifier les impacts de cette forme d’urbanisation en Guyane. Les enjeux identifiés sont multiples, allant de la localisation du bâti à ses implications urbaines, foncières, agricoles, environnementales et financières. Le rythme de croissance de l’urbanisation spontanée entre 2015 et 2019 a nettement ralenti sur le territoire de la CACL (hors Rémire-Montjoly n’ayant pu être étudiée) passant de 7,6 à 1,8% par an. Cette situation est différente d’une commune à l’autre variant de 0,3% par an à Cayenne à 2,5% à Macouria. Cette tendance s’explique en partie par un nombre important de bâtis ayant été démolis compensant presque celui des nouvelles constructions. La part de l’urbanisation spontanée est également très variable avec 11% du bâti à Cayenne édifié sans permis de construire jusqu’à 77% à Roura et Montsinéry-Tonnégrande et 87% à Papaïchton. L’étude met en lumière des problématiques spécifiques, notamment avec le constat de 30% du bâti spontané situé dans des zones agricoles. Et, en matière de propriété foncière, on relève une large pré-dominance (71%) de l’urbanisation spontanée qui se développe sur des terrains appartenant à des privés. Ces résultats soulignent l’importance de l’urbanisation spontanée en Guyane et suggèrent des implications cruciales pour les politiques d’aménagement et de logement, en particulier dans le cadre des nouveaux Programmes Locaux de l’Habitat. Enfin, le rapport appelle à la mise à jour régulière de ces données et à l’extension de l’étude à d’autres communes pour assurer la pérennité de ce dispositif d’observation de l’urbanisation spontanée.

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